Une ville protectrice, accueillante et ouverte
La rénovation et la densification, est-ce que ça suffit vraiment ?
Aucune solution unique ne suffira. Mais mises bout à bout — rénovation, réhabilitation, surélévation, division de logements trop grands, habitat partagé, habitat léger, habitat intergénérationnel— elles représentent un potentiel très important. Beaucoup de villes montrent qu’on peut créer des centaines de logements sans étendre la ville. Et surtout, ce sont des logements mieux situés, moins coûteux pour les habitants et pour la collectivité.
La construction de logement est toujours planifiée en tenant compte des possibilités prévues par la loi « climat et résilience (ZAN) de limiter l’artificialisation des sols.
Pourquoi pénaliser les propriétaires de résidences secondaires ?
Il ne s’agit pas de pénaliser, mais de rééquilibrer. Aujourd’hui, dans les zones tendues (zones où la demande de logement est très supérieure à l’offre), des milliers de logements ne sont pas disponibles pour se loger à l’année. Le droit de propriété existe, mais le droit au logement aussi.
Les mesures de limitation des quotas, d’augmentation de la fiscalité (taxe de séjour et taxe sur les logements touristiques) qui sont proposées, incitent à remettre des logements sur le marché permanent, tout en laissant des choix aux propriétaires de payer plus de taxe.
Ce ne sont que des champs, pourquoi parler de zones humides ?
Une zone humide ne se reconnaît pas à l’œil nu toute l’année. Ce sont des zones essentielles pour absorber l’eau, limiter les inondations et préserver la biodiversité. Les artificialiser, c’est déplacer les problèmes ailleurs, souvent vers les habitants eux-mêmes. Avec le changement climatique, ces espaces deviennent encore plus précieux.
Limiter les meublés touristiques, ce n’est pas mauvais pour l’économie ?
Le tourisme est essentiel à Saint-Malo, mais il ne doit pas se faire au détriment du logement des habitants. Une ville sans enseignants, soignants, salariés du commerce ne fonctionne plus.
L’objectif n’est pas de supprimer le tourisme, mais de retrouver un équilibre entre économie touristique et vie locale.
Les conventions citoyennes, est-ce vraiment représentatif ?
Une convention citoyenne n’est pas un sondage, c’est un outil pour enrichir la décision publique. Si elle est bien organisée — avec tirage au sort, diversité sociale, information contradictoire — elle permet d’entendre des voix qui ne s’expriment jamais en conseil municipal.
Ce n’est pas une perte de temps, c’est un gain de légitimité
Tout cela coûte cher, qui paie ?
Construire loin coûte aussi très cher : voiries, réseaux, déplacements, entretien. La rénovation et la densification coûtent parfois plus au départ, mais elles évitent des dépenses publiques durables. Il existe en plus de nombreux financements : ANAH, aides à la rénovation, fonds européens, bailleurs sociaux.
La vraie question est : que coûte l’inaction ?
Pourquoi demander la révision du PLU ?
Parce qu’un PLU engage la ville pour 10 à 15 ans. Quand autant de questions restent sans réponse dû à un manque de concertation citoyenne— environnement, eau, risques climatiques — il est responsable de prendre le temps du débat en sollicitation l’avis des parties prenantes (citoyens, associations, collectifs divers, entreprises, scientifiques…) . La révision n’est pas un blocage, c’est une démarche de participation citoyenne démocratique pour que les élus locaux décident mieux de manière concertée.
Qu’est-ce qui change dans les 6 premiers mois ?
D’abord, ouvrir le dialogue :
- convention citoyenne,
- transparence sur les données du logement,
- mise en place de l’Accueil Unique Logement.
Ensuite, agir rapidement sur les logements vacants et les meublés de tourisme. Enfin, réorienter la politique du logement vers les actifs, ceux qui vivent et travaillent à St Malo. Ce sont des mesures concrètes, visibles et utiles.
Une ville unique, diverse et fluide
Ces navettes gratuites et ces nouveaux aménagements représentent un coût important. Comment justifier leur financement ?
Il s’agit d’un investissement structurant à long terme. La réduction de la circulation automobile limite les coûts indirects liés à la pollution, aux nuisances sonores et à la santé. De plus, la mutualisation des parkings, l’intermodalité et l’augmentation des tarifs visiteurs contribuent à un rééquilibrage financier. Enfin, des financements régionaux, nationaux et européens existent pour les mobilités durables.
Par ailleurs il est possible de financer partiellement cette mesure en récupérant le gain résultant de l’augmentation de la taxe de séjour. Le coût de fonctionnement en électricité est moins cher que le coût de fonctionnement au Gas oil. Investissement 3,1 à 3,7 M € vs facturation Transdev 15 M€. Demander des subventions européennes
Limiter l’accès des visiteurs en voiture ne risque-t-il pas de nuire à l’attractivité touristique de Saint-Malo ?
Au contraire, l’expérience touristique est améliorée. Un accès fluide via des parkings relais bien signalés et des navettes électriques efficaces permet aux visiteurs de profiter d’une ville plus calme, plus sûre et plus agréable. De nombreuses villes touristiques montrent qu’une réduction de la voiture en cœur de ville renforce l’attractivité et la qualité de séjour.
Les mesures de stationnement favorisent clairement les habitants. Comment éviter un sentiment d’exclusion chez les visiteurs ?
Il s’agit d’un rééquilibrage nécessaire. Les habitants subissent au quotidien la saturation de l’espace public. Les visiteurs disposeront d’alternatives efficaces : parkings relais, navettes gratuites, transports collectifs. C’est vraiment un dispositif d’intermodalité que l’on souhaite implanter entre la gare (train) le bus, le vélo les parkings relais, la cale de Dinan, la navette électrique, sous la forme d’un paiement simple: le ticket unique. L’objectif n’est pas d’exclure, mais d’organiser les usages de manière plus juste et plus durable.
Le développement du vélo peut générer des conflits avec les piétons. Comment les éviter ?
Le projet insiste sur la lisibilité et la sécurisation des aménagements : signalétique claire, différenciation des chaussées par la couleur, continuité des itinéraires. Là où les conflits sont inévitables, les vitesses seront limitées et les usages clarifiés. La pédagogie et la prévention, notamment via la Maison du vélo (lieux de réparation, de location longue durée, d’apprentissage…) , jouent également un rôle clé
Pourquoi créer une Maison du vélo alors que des services existent déjà ?
La Maison du vélo est un lieu fédérateur. Elle centralise information, réparation, formation et accompagnement, notamment pour les nouveaux usagers. Sa proximité avec la gare renforce l’intermodalité et encourage l’usage du vélo au quotidien, pas seulement pour le loisir.
Interdire la circulation aux abords des écoles primaires et secondaires est ambitieux. Est-ce réellement applicable au quotidien ?
Oui, de nombreuses communes ont déjà mis en place les “rues aux écoles” avec succès. Ces dispositifs sont limités aux horaires d’entrée et de sortie. Ils améliorent la sécurité, réduisent le stress et encouragent les déplacements à pied ou à vélo pour les enfants et leurs parents
Les bateaux-bus et navettes fluviales sont-ils vraiment pertinents toute l’année ?
Ils complètent l’offre existante et valorisent l’identité maritime de Saint-Malo. Leur fonctionnement peut être adapté selon les saisons. En période touristique, ils offrent une alternative attractive ; hors saison, ils renforcent les liaisons locales,
La cyclo-logistique est-elle suffisante pour répondre aux besoins des commerçants ?
Elle est particulièrement adaptée au dernier kilomètre en centre-ville. Les vélos-cargos sont plus rapides en zones denses, réduisent les nuisances et libèrent l’espace public. Pour les volumes plus importants, elle s’inscrit dans une chaîne logistique mixte et complémentaire.
Quel changement de mode de vie ce projet implique-t-il pour les Malouins ?
Il s’agit dans un premier temps d’avoir une réflexion globale de cette question de mobilité sur l’ensemble de l’agglomération.
Nous souhaitons que tout le pays malouin soit concerné par ce nouveau mode de vie qui propose un espace plus fluide, plus apaisé et plus inclusif Moins de dépendance à la voiture, plus de choix de mobilités, des espaces publics retrouvés pour se rencontrer, se reposer et respirer. C’est une évolution progressive vers des espaces plus saines plus solidaires et plus résilients.
Une ville robuste, attractive et innovante
Quelle sera votre politique en matière d’urbanisme compte-tenu de ce nouveau Plan
Les hypothèses de montée des eaux qui auront été validées par des spécialistes du sujet, soucieux de l’intérêt général, ne seront pas contestées.
Le nouveau PPRSM validé constituera donc la base minimale, en termes d’urbanisme, sans préjuger des autres dispositions prévues par le Plan Local d’Urbanisme. Cela ne nous empêchera pas de réaliser une veille sur les nouvelles connaissances climatiques et de proposer des mesures réversibles, c’est-à-dire non pérennes, cela en tenant compte de l’avis de toutes et tous.
Quelles actions prendrez-vous pour assurer la sécurité des malouines et des malouins ?
La sécurité et la résilience pour les habitant.e.s et les infrastructures seront au premier plan de nos préoccupations aussi bien pour l’existant que pour le futur.
Le Plan Communal de Sauvegarde (plan de secours actuellement confidentiel) sera adapté avec la participation des Malouines et des Malouins, pour aller vers un plan de résilience. Une Réserve Citoyenne de Sécurité Civile sera créée.
Que ferez-vous pour protéger le « Trait de côte », c’est-à-dire le littoral ?
En cohérence avec le PPRSM, nous comptons nous appuyer sur l’expertise des services de l’Etat. Les hypothèses retenues pour le PPRSM seront également considérées pour la CLERTC (Cartographie Locale d’Exposition au Recul du Trait de Côte ). Nous veillerons donc à protéger le littoral en termes d’urbanisme (protection du bien commun) et en particulier les zones humides adjacentes.
Que comptez-vous faire précisément sur la qualité de l’air ?
La pollution de l’air est un véritable problème de santé publique. Elle est d’origines diverses : le secteur résidentiel, l’industrie, l’agriculture, les transports… Différents polluants sont émis : hydrocarbures, particules fines (PM10, PM2.5), composés
organiques, ammoniac, oxydes d’azote, gaz à effet de serre, oxydes de soufre.
L’origine de l’ammoniac est essentiellement agricole. Mais à St Malo il y a aussi la TIMAC.
Le secteur résidentiel génère de fortes émissions, beaucoup en raison du mauvais usage du
chauffage bois. La circulation routière est très émettrice de nombreux polluants.
Nous mesurerons précisément tous ces paramètres afin de pouvoir agir sur les sources : autour du port, dans les zones industrielles, mais aussi en ville et en périphérie.
Chaque site retenu pourra recevoir plusieurs capteurs. 8 à 9 sites seront recherchés.
Le travail sera réalisé en collaboration avec Air Breizh et des informations synthétiques seront transmises vers le public en temps quasi-réel via une application dédiée (Air Mal’Eau).
Des actions seront ensuite prises pour atténuer les sources de pollution (chauffage, industrie, circulation) avec les différents organismes concernés et en concertation. Il conviendra aussi de mener des études épidémiologiques avec le corps médical.
