Nouveau CAP répond à l’association Intra-Malo

Mesdames, Messieurs les candidats,

Ouest-France vient de se faire le relais d’une alerte aux particules fines sur notre région émise par l’ARS. La carte affichée avec l’article est suffisamment explicite et montre un forte concentration autour de Saint-Malo.

Sommes-nous certains que toutes les dispositions prévues pour lutter contre ces effets soient mises en place et appliquées par les industriels ?

Vos programmes intègrent-ils une vigilance particulière et la façon dont vous envisagez de limiter au mieux ces conséquences néfastes sur toute la population de notre ville ?

Vos réponses seront bien entendu transmises à nos adhérents.

Cordialement.

Géry BARBIEUX

Président d’Intra-Malo

Site Internet d’Intra-Malo

La réponse de Nouveau CAP

Monsieur le président,

Cette problématique constitue un axe fort de notre programme car elle touche directement à la santé des Malouines et des Malouins.

Les polluants qui dégradent la qualité de l’air à Saint-Malo sont multiples : dioxyde de carbone, dioxyde de soufre, ammoniac, oxydes d’azote, particules fines, ozone, composants organiques volatils. Et les sources sont tout autant multiples : circulation automobile, secteur résidentiel, bateaux, épandages agricoles, industries diverses (pas seulement la Timac mais aussi 10 Installations Classées pour l’Environnement – ICPE), réseaux de chaleur. Des arrivées de polluants en provenance de zones périphériques (Normandie) sont également possibles.

Il convient d’abord de mieux les identifier et d’avoir une répartition géographique plus précise des différents polluants selon les conditions atmosphériques qui constituent parfois un rôle aggravant. L’existence d’une seule centrale de mesure positionnée à Rocabey, gérée par AirBreizh, nous paraît donc très insuffisante. Il existe aussi des capteurs, propriété du gestionnaire du port EDEIS, mais dont les données ne sont pas publiques.

Nous installerons donc sur 9 sites différents une douzaine de capteurs pour mesurer en temps réel les différents polluants sur l’ensemble de la ville. Ces informations serviront à des analyses mais seront également diffusées en temps réel, via une application dédiée « Air’Malo », vers les citoyens.

Ces analyses demanderont des actions dans le but évident d’améliorer la qualité de l’air à Saint-Malo. Tous les secteurs concernés (État, industriels, port, circulation, chambre d’agriculture, bailleurs, associations, citoyens) seront réunis au sein d’un comité ou d’une commission extra-municipale afin de trouver des solutions adaptées.

Par ailleurs, nous proposerons des transports collectifs gratuits lors des épisodes de pollution, à partir des alertes d’AirBreizh au-delà du niveau de mauvaise qualité (inclus).

Le coût de ces mesures nous paraît très raisonnable eu égard à l’enjeu sanitaire : investissement de l’ordre de 85 K€ avec un fonctionnement annuel de 35 K€ sans tenir compte de subventions significatives possibles (Agglomération, Département, Région, industriels, Europe). Le manque à gagner pour une journée gratuite de transports en commun serait de l’ordre de 15 K€ (10 à 12 épisodes par an en moyenne).

Au-delà de ces premières mesures, nous souhaitons agir plus largement sur les déterminants de la qualité de l’air dans la ville. Nous proposons ainsi de faire du vélodrome un espace verger, d’activité pour les enfants et de sport extérieur, en le connectant par des plantations d’arbres au quartier de l’hippodrome. L’histoire du lieu sera préservée en permettant notamment le développement d’une vélo-école sur le site, en lien avec la Maison du vélo.

Nous étudierons et développerons également un plan de végétalisation et de continuité écologique dans l’ensemble des quartiers, en lien avec les écoles, les EHPAD et les associations. La végétalisation urbaine contribue en effet à améliorer la qualité de l’air en captant une partie des particules fines, en limitant les îlots de chaleur et en favorisant une meilleure circulation de l’air dans la ville.

Nous souhaitons également reconquérir et réaménager les zones humides, les étangs, les pièces d’eau ainsi que les rus et rivières, afin d’en faire des espaces de promenade et de repos accessibles aux habitants. Ces milieux naturels jouent un rôle important dans la régulation du climat local et participent à l’amélioration globale de l’environnement urbain.

Concernant les activités portuaires et industrielles, nous rendrons obligatoire l’utilisation de la trémie dépoussiérée du port afin de limiter les émissions de particules lors des opérations de manutention de produits pulvérulents. Nous établirons également un protocole « réduction des groupes électrogènes à quai », négocié avec les armateurs, afin de favoriser le branchement électrique des navires à quai et de réduire les émissions polluantes liées au fonctionnement des moteurs auxiliaires.

Nous favoriserons par ailleurs le développement des mobilités moins polluantes en soutenant le recours aux transports en commun, avec notamment des navettes électriques circulaires, ainsi que le développement du train, du car, du covoiturage et la création d’un bateau-bus entre Dinard et la cale de Dinan et la cale de Solidor. Nous accompagnerons également les politiques de mobilité des entreprises et viserons une véritable intermodalité avec une billetterie unique, c’est-à-dire un billet valable quel que soit le mode de transport utilisé. Ces mesures permettront de réduire la circulation automobile et donc les émissions d’oxydes d’azote et de particules fines.

Enfin, nous constituerons une Réserve communale de sécurité civile forte de citoyens volontaires et formés, afin de renforcer la capacité de la ville à faire face aux situations exceptionnelles, notamment en cas d’épisodes environnementaux ou climatiques.

L’ensemble de ces actions poursuivent un objectif clair : réduire les sources d’émissions polluantes, améliorer la connaissance scientifique de la qualité de l’air et adapter les politiques publiques locales afin de protéger durablement la santé des habitants.

J’espère avoir répondu à votre demande et vous prie d’accepter mes salutations.

Carole Le Bechec